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– Françoise Dexmier, peintre, photographe et réalisatrice

Françoise Dexmier, peintre, photographe et réalisatrice

 

Entre l’Islam et l’Occident, un mur d’incompréhension s’est érigé ces dernières années, avec en point d’orgue une islamophobie, qui tiendrait plus selon Françoise dexmier, de l’ignorance. c’est pour combler une telle ignorance, qu’elle a entrepris de faire ce film sur le soufisme en Mauritanie, et faire découvrir ces pans de tolérance, de pardon, de générosité, issus de l’enseignement du Coran. Entretien avec une dame en quête de sens.

Pourquoi ce film-documentaire sur le soufisme en Mauritanie?

C’est toute une histoire que je nourrissais depuis quatre ans. Je partage ma vie depuis dix ans entre la France et la Mauritanie. J’étais sur Nouadhibou avant; et c’est là-bas que j’ai découvert, et suis devenue très amie avec Bâ Thierno, le marabout de la confrérie Tijane Niasse, accessoirement maire-adjoint de la ville.

Et il se trouve qu’à une époque j’ai commencé à faire une série de rêves, qui étaient liés au Coran. Comme j’ai aussi une formation psychanalytique, et que je suis psychothérapeute, je m’interrogeais sur le sens de ces rêves, sans trouver une réponse satisfaisante, par ce prisme là en tout cas.

J’ai cherché des marabouts susceptibles de m’éclairer sur ces rêves; c’est par cette porte que je suis entrée dans cet univers du soufisme. De fil en aiguille, je me suis naturellement intéressée au soufisme; et cette confrérie m’a accepté dans leurs «zikr» successifs. À la longue, je crois que je faisais partie des meubles (rires)! On ne faisait plus attention à ma présence.

Un jour, je leur apporte un film d’un réalisateur français Arnaud Desjardins, sur le soufisme en Afghanistan. On le visionne, et sous le charme, Thierno Bâ me demande pourquoi on ne ferait pas un film sur la confrérie. L’idée m’a accrochée, car je découvrais aussi un Islam extrêmement éloigné de celui que les français, et les occidentaux plus généralement, véhiculent dans leurs a priori, qui a conduit à l’islamophobie que l’on connaît là-bas aujourd’hui.

J’avais donc envie de montrer cet Islam ouvert, joyeux, festif, tolérant, portés sur le cœur, le pardon et la rencontre avec Autrui, loin de tout intégrisme religieux! Et donc, avant d’être un film, c’est une rencontre, avec un homme, une religion.

Dans ce plongeon dans l’univers du soufisme justement, qu’est-ce qui vous a marqué le plus?

Étant dans une quête personnelle, permanente, de sens, par rapport à moi, mais aussi à la vie, cette démarche de détachement de l’ego, qui est très proche de ce qu’on trouve en psychanalyse, mais aussi dans le Bouddhisme, m’a interpelé, car je ne connaissais pas cet aspect dans le soufisme. D’ailleurs dans le Coran, il est mentionné de se connaître soi-même, pour connaître Dieu. Et ça c’est une démarche très proche de ma foi intime.

Il y a un vrai travail d’ouverture du cœur, de pardon, et surtout une grande tolérance pour ceux qui sont allés loin, ceux qui ont passé des strates morales, religieuses; ceux qui se sont élevés plus que les autres.

Vous teniez à expliquer des choses sur le soufisme?

Ce n’est pas un film didactique sur le soufisme en Mauritanie, mais réellement un film pour que l’Occident ait un autre regard sur l’Islam. C’est un film donc pour sentir les choses, d’où la forte proximité avec les personnes interrogées. C’est ainsi que j’ai construit le film, dans le ressenti; avec un moment de jour et un moment de nuit, comme une journée qui passe, avec cinq arrêts d’ombres et de lumières, avec des versets du Coran qui expliquent certaines orientations, comme les cinq prières quotidiennes.

Le film se termine sur un passage en France, où un des témoins, Djibril Ly, lit ce verset du Coran: «A Allah Seul, appartiennent l’Orient et l’Occident». Il n’y a pas plus beau pont entre ces deux ensembles.

Depuis trois ans que vous naviguez dans le milieu cinématographique mauritanien, quels changements percevez-vous?

En tant qu’artiste, je fais le pont entre les artistes mauritaniens et français; là par exemple, j’amène depuis trois des toiles de peintres, des poésies, des films mauritaniens au festival Maghreb. Ce qui me surprend, c’est la maturité et le courage des jeunes réalisateurs mauritaniens. Il y a un vrai cinéma mauritanien qui émerge, avec de vrais talents, comme Ousmane Diagana, avec la «blessure de l’esclava». «Mon ami disparu» de Zeïn est un film remarquable à plus d’un titre aussi. Djibril Diaw, avec «1989».

Ces trois films traitent du terrorisme, pour Zeïn, des événements douloureux de 1989, et de l’esclavage. Trois sujets relativement tabous en Mauritanie; il faut oser quand même, et bien les traiter! Et ça a été le cas pour ces trois exemples mentionnés, avec une beauté indéniable.

Vous êtes aussi photographe et peintre; vous initiez des enfants à ces arts-là. C’était le fil conducteur de votre premier film «murmures d’Afrique». Comment ça se passe avec les jeunes mauritaniens?

Je fais des ateliers par rapport à tous ces arts, et il y a quelques jours on a animé un atelier de mise en scène à Nouakchott. Ce qui m’a fasciné et étonné, c’est que très jeunes, ces enfants ont un vrai regard de l’image, et c’est particulièrement étonnant pour des enfants issus de cultures orales. Pareil en peinture. J’ai vu des enfants talentueux, passionnés, mais malheureusement pas encadrés en ce sens, pas stimulés. C’est tout ce dont ils manquent.

Dans le Fouta, j’ai rencontré des enfants qui dessinaient, non pas comme dessinent la plupart des enfants, mais stylisaient leurs dessins. Et ça je ne l’avais jamais vue ailleurs. C’est extrêmement rare de voir des enfants avec une patte graphique. Et je peux en témoigner après mes expériences en Inde, en France, au Maroc, à travers un peu le monde avec mon projet «murmures».

Des projets en cours?

Je prépare un film sur Mamadou Wane, un poète mauritanien atteint de drépanocytose. Là encore, c’est le projet qui est venu à moi! Mais ce n’est pas un film sur la maladie, mais un film sur sa poésie qui évoque sa douleur, avec en voix-off une lecture de ses poèmes.

Propos recueillis par MLK https://cridem.org/


Publié par : thiaski | octobre 26, 2017

« L’ÂME SILENCIEUSE », Un film de l’idéaliste, Françoise Dexmier

Françoise DexmierPour sa première sortie en Mauritanie, le film « l’âme silencieuse » de Françoise Dexmier  a fait très forte impression le 17 octobre passé à l’Institut Français de Mauritanie. La seule salle de Cinéma qui existe encore dans ce pays était archicomble. Le film superbement réalisé met en scène les rapports entre  un jeune artiste mauritanien, Oumar Ball  avec son milieu naturel, avec son environnement socioculturel ou pour parler comme Senghor, son royaume d’enfance. La caméra met en gros plan des objets, des moments et des événements  de la vie quotidienne avec leurs  mouvements et leurs vibrations. Rien n’est figé, tout bouge. L’œuf qui éclore, le linge qui sèche aux quatre vents,  les mouvements du pinceau sur la toile, Les querelles incessantes de la basse cour, Les allées et venues dans la rue adjacentes,  …. Peu de mots, beaucoup de rythmes, une poésie qui  se déclame avec élégance jusque dans les regards et les gestes  des différents acteurs.  Les rares fois qu’on entend la voix de la réalisatrice sont des occasions de sonder le tréfonds de l’artiste. En effet comment descendre dans l’intimité d’une personne aussi timide et si avare  en parole comme Oumar Ball ? Françoise Dexmier l’a réussi avec art et maîtrise.

Cependant le film est difficile à classer. Apriori, on croirait à un documentaire sur la vie et l’œuvre d’un artiste peintre dans sa simplicité  existentielle et dialectique. Mais  la narration est limitée à quelques questions de précision sur sa pratique  en relation avec  le monde extérieur. La réalisatrice ne se focalise pas sur un seul objet – le protagoniste de l’histoire en l’occurrence – elle met en exergue plusieurs réalités, ouvre plusieurs brèches qui captivent  l’esprit et aiguisent la curiosité. Au finish on sort de cette salle  avec une morale mais également avec d’autres questionnements et maintes énigmes à résoudre. N’est ce pas là le propre de la fiction ?  Les échanges avec la  réalisatrice et le personnage principal  ont démontré  que  les spectateurs ont passé un véritable moment de bonheur. Beaucoup étaient émus et surpris du fait de l’intensité du film et pour ceux qui ne connaissaient pas Oumar, Ils ont découvert un artiste talentueux  qui avec des matériaux dérisoires  de son milieu naturel, arrive à faire quelque chose de beau.

Françoise Dexmier, sur sa démarche et le film

Je suis plasticienne à la base je ne fonctionne pas comme les autres réalisateurs.  J’aime bien montrer le côté positif  par exemple d’un pays et des gens parce qu’il y a des choses qui ne vont pas bien partout. Et j’ai envi de montrer qu’il ya des gens qui ont du talent, qu’il ya des choses vraiment positive. Je me focalise sur le positif pour peut être générer d’autres  choses positives et de bons moments comme on a vécu l’autre soir car c’est fait pour apporter du bonheur. C’est dans cet  élan que j’ai rencontré Oumar et j’ai vu qu’il est aussi dans cette démarche de vouloir montrer à la fois là où il est , l’âme des animaux, les natures mortes, il les rend vivantes, en somme il veut montrer qu’en Afrique il ya de belles choses parce qu’ on voit tout le temps qu’en Afrique il ya des problèmes mais il est temps de montrer que dans ce continent , il y a aussi des gens qui ont du talents alors c’est sur ce côté-là qu’on s’est retrouvé, de montrer l’âme,  l’essence  des choses, le côté simple qui peut apporter un bonheur. En se servant de cette réalité quotidienne on peut aller plus loin du point de vue philosophique pour réfléchir sur le sens de la vie. J’ai un regard macro c’est-à-dire  de proximité, j’aime le regard intérieur et intimiste du coup c’est beaucoup de gros plans sur les choses, sur les gens et j’attends que tout le monte se sente à l’aise. Je ne  cherche pas à violer l’intimité des gens, j’attends à ce  qu’il y ait  l’accord de tout le monde pour aller vers l’autre et dans son acceptation. Et je voulais monter que pendant qu’on était  là tranquillement, Oumar entrain de peindre et moi entrain  de chercher la poésie du monde autour, il ya le monde  complètement fou qui continuait d’exister alors pour ne pas déranger ce silence j’ai décidé de faire comme les bandes de CNN pour pointer du doigt  les événements qui se passent en même temps. Pendant qu’on réalisait le film, la guerre au Mali faisait rage alors il fallait que je dénonce l’Homme qui s’autodétruit car  on pouvait être plus heureux s’il y ‘avait pas toute cette folie meurtrière.

Le film est passé au festival « Maghreb si loin si proche » dans le sud de la France et à d’autres endroits  et  presque à chaque fois il ya quelqu’un qui pleure. Moi ça me surprend parce que les gens disent qu’il y a pas dans le film d’événements émotionnels qui devaient nous déclencher ça  mais c’est parce que ça nous relie quelque part au sacré, le sacré de la simplicité des choses. Ça fait comme une méditation, une longue méditation et pendant un moment on est bien, on est tellement bien qu’il y’en a pour pleurer. Ils découvrent un peintre qui se sert de tout ce qu’il y a autour de lui et  avec trois fois rien il fait des miracles. Le film est passé en France, en Espagne et bientôt au Maroc.  A chaque fois les gens sont touchés et sont  très émus par le talent d’Oumar et par la beauté toute simple du quotidien qui devient sacré et ça leur fait chaud au cœur.

Yero Amel Ndiaye

Soufisme lumière du coeur


© Courtesy of Maghreb si loin si proche 2012

 Pays concerné : Mauritanie

 Durée : 66 minutes

 Genre : société

 Type : documentaire

Un regard à la fois poétique et de proximité, une plongée dans le quotidien des soufis de la confrérie des Tidjanes de Cheikh Ibrahim Niass en Mauritanie. Chaque personne croisée nous relate son expérience et son cheminement spirituel, c’est une rencontre avec l’essence de l’enseignement soufi basé sur la tolérance, le pardon et l’ouverture du coeur.

Un documentaire de Françoise Dexmier

17-12-2012 – Fleur de chagrin, un film qui raconte la vie d’un jeune homme se battant contre la douleur.

Fleur de chagrin, un film qui raconte la vie d’un jeune homme se battant contre la douleur.

La réalisatrice française Françoise Dexmier a présenté ce dimanche 16 décembre son film Fleur de chagrin au Centre Culturel Marocain (CCM) de Nouakchott. Ce court-métrage a déjà été projeté au Festival de l’Image et du Fleuve, à Nouakshort Films (ex-Senaf) et bientôt au Maroc, en Espagne et en France.

Quelque part à Rosso, dans le sud de la Mauritanie, dans une maison, on entend le gazouillement d’oiseaux. Quelques visages surgissent. Puis celui de Mamadou Wane, qui a fait de la lutte contre la drépanocytose son cheval de bataille. La réalisatrice Françoise Dexmier filme les moindres détails de l’intérieur de la maison.

Les images sont enveloppées dans la voix nostalgique et triste d’Ami Diallo. Le bruit des gouttes d’eau ajoute au film un sentiment de douleur. La puissance de l’évocation de cette vision contemplative déchire l’emballage de la monotonie.

Entre poésie et documentaire, Fleur de chagrin montre le combat d’un jeune poète contre la drépanocytose qui « handicape douloureusement sa vie ». « Après avoir perdu un œil, sa vie est une prière pour que jamais l’obscurité ne vienne assombrir le ruisselet de lumière qui lui reste. Lui l’amoureux du soleil, des couleurs, d’un brin d’herbe, d’un grain de peau ».

On y découvre un jeune homme qui se bat contre la douleur quotidiennement. Le film nous fait pénétrer dans les zigzags d’une vie pleine de bouleversements, de souffrance, de chagrin, de fragilité, de lamentation. Ce film qui décrit « un homme en pleurs » et « le cœur brisé » est également un film d’espérance, une vision contre la fatalité.

« Dieu !Faites que je devienne l’oiseau pour m’envoler. Faites que le monde et les océans me portent sur leurs ailes ». Fleur de chagrin est le premier film qui raconte la vie d’un drépanocytaire, de la drépanocytose qui demeure encore en Mauritanie une maladie banale. « On ne doit pas rester les bras croisés face à la drépanocytose » qui est une maladie héréditaire, a lancé Mamadou Wane, auteur du recueil de poèmes La rive des lamentations publié en 2011, après la projection du film.

Babacar Baye Ndiaye


Source : CultuRim (Mauritanie)

« Mur mur d’Afrique » de Françoise Dexmier

Cinéma

Par Babacar Baye Ndiaye

Réalisatrice du film « Mur mur d’Afrique », Françoise Dexmier est française d’origine. Ce long métrage retrace l’histoire de gens qui sont emmurés dans le silence. D’où l’idée de leur donner un espace de parole et de création. Des milliers d’enfants originaires de la Mauritanie, de la France et du Maroc y ont participé à travers des ateliers de peinture itinérants par voie terrestre.

Partant de l’idée que l’art peut être un médiateur de rencontres et de soins, elle décide de se lancer dans la réalisation de ce film qui lui a coûté de l’énergie et de l’argent. Elle a, dans ce projet, intégré des enfants de la rue. Ce fut une occasion pour elle de rencontrer des artistes mauritaniens comme Djiby Dieng qui est chanteur. A partir de cette expérience, elle va peaufiner un projet qui va porter le nom de « Mur mur ».

Déjà, elle a fait une expo-concert à l’Alliance Franco-mauritanienne de Kiffa. « Partout, où je vais, j’essaie de rencontrer des gens avec qui je m’entends bien et dont l’expression artistique me plaît. Mais, la base est vraiment qu’on crée un vaste réseau de fraternité où on ferait tomber les barrières culturelles, générationnelles, d’expression artistique », raconte Françoise Dexmier.

Une partie de ce vécu est racontée dans « Mur mur d’Afrique » qui a été projeté, pour la première fois, en Mauritanie, durant la 4ième édition de la Semaine Nationale du Film de 2009. Chez elle, chaque rencontre est un échange. A travers les expositions qu’elle organise souvent entre la France, le Maroc et la France, elle vise à créer des espaces de création, à recréer des espaces avec des jeux de lumière, à chercher à être baignée de l’atmosphère de son environnement.

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« On rencontre par exemple des femmes qui m’expliquent comment on fait la peinture, un gamin qui m’explique comment on fait un tikitt, un autre qui vivait dans la rue m’a une fois expliqué comment avec une planche et un simple petit filet et des bouts de poisson il pêche », commente-t-elle.

Ce que Françoise Dexmier aime, c’est autant apprendre que de transmettre. Elle trouve cela plus excitant à ses yeux. Elle confie : « Ce qui m’intéresse, c’est de m’immerger totalement dans une culture parce que le point de vue sur la vie, selon l’endroit du monde où on est, n’est pas le même. Donc, cela retire toutes les certitudes qu’on peut avoir et cela ouvre l’esprit ».

Cette psychothérapeute spécialisée en art thérapie est convaincue que la création peut réveiller la partie la plus vivante chez la personne.

« A travers un médium artistique, on peut redonner le goût à la vie ou préparer certaines fêlures à condition qu’il y’ait l’aide par une expression artistique que chaque artiste qui a le goût de transmettre peut faire et l’art thérapie », dit-elle.

Mais, pour Françoise Dexmier, il faut avoir une certaine connaissance des problématiques des structures psychiques et savoir manier les attitudes que chacun projette quand il n’est pas dans la (sa) réalité. D’où pour elle, la nécessité d’acquérir une formation dans le domaine de l’Art thérapie.

En Mauritanie, l’art thérapie n’est pas encore assez développé. Cette situation, à en croire Françoise Dexmier, est le résultat d’une inadaptation culturelle et sociale. Aujourd’hui, elle a ouvert, à Nouadhibou, où elle passe les trois quarts de son temps, un centre « Mur mur » de formation destiné aux métiers de l’Art et à l’art thérapie.

Babacar Baye NDIAYE

11-06-2011 – Françoise Dexmier, l’artiste au ‘parfum de thé’.

Françoise Dexmier, l’artiste au 'parfum de thé'.

L’artiste peintre d’origine française, Françoise Dexmier, expose ses œuvres touffues de matière et de lumière, au Centre Culturel Marocain (CCM) de Nouakchott, jusqu’au 16 juin 2011. Depuis 10 ans, elle partage sa vie entre la France et la Mauritanie en passant par le Maroc. Les œuvres de cette « plasticienne nomade » restituent cet itinéraire où traces et empreintes s’entremêlent.

Françoise Dexmier a été formée aux Arts plastiques, à la photographie, au cinéma et à l’Art thérapeute. Après de nombreuses expositions de peintures et de photos, exercé en tant que Professeur en Arts plastiques, elle se tourne vers un travail basé sur la rencontre de l’Autre. Elle commence à réaliser des documentaires d’inspiration « poétique ».

Elle voyage, expose, fait des rencontres…La suite est un conte de fée. Elle découvre la Mauritanie et en tombe amoureuse. Elle s’installe en 2005 à Nouadhibou. Son film « Mur Mur d’Afrique » est projeté à la Semaine Nationale du Film de 2010. Depuis, Françoise Dexmier tisse son fil d’Ariane.

Entre temps, le temps s’est écoulé. Mais, son aventure humaine et artistique n’a pas pris de rides. Certaines des œuvres de sa nouvelle collection qui oscille entre peintures et photos plongent dans une immersion jouissive sous l’effet de la poudre d’or. Les spectacles sont saisissants. Au fur et à mesure que l’on se promène, on découvre les cascades d’Ouzoud au Maroc, la dune qui chante à Nouadhibou, un orage dans le désert. Les images poussent à la méditation.

Puis, on se délecte du reflet d’eau, du petit matin sous la khaima, de l’invasion des sauterelles, du fleuve, des soleils du monde, du parfum de thé, du vent de sable. Les œuvres précipitent le visiteur dans une quête de sens. On englue dans le soleil bleu, les traces de sable, les dunes. La création de Françoise Dexmier se nourrit de chaque personne rencontrée, d’un grain de sable, de petits objets du quotidien.

Ses œuvres transforment et immortalisent en même temps la matière avec beaucoup de grâce qu’on se laisse séduire. On y côtoie également des figures de la Mauritanie séculaire pur sucre comme le conteur Djibril Sall, les marabouts Tcheirno Moussa de Thilla que l’on comparerait à Gandhi et Ndellou de Tichirit. Le bleu de Chefchaouen (une ville du nord ouest du Maroc) apporte plus de fantaisie et de goût aux peintures de Françoise Dexmier. « Le bleu irradie beaucoup. Je crois beaucoup à la vibration des couleurs. Les couleurs envoient des vibrations. Le bleu est une couleur qui apaise, qui fait du bien à l’âme », explique-t-elle.

En dehors de la peinture et de la photo, Françoise Dexmier trouve son apaisement dans le cinéma. Elle réalise actuellement deux films documentaires : « Soufisme…lumière du cœur » et « Fleur de chagrin » qui parle de la drépanocytose.

Babacar Baye Ndiaye dit leducdejoal
Pour Cridem